Sur l’Inquisition et la chasse aux sorcières

Ce qu’on dit de la chasse aux sorcières, – ce qu’on croit en savoir -, peut tenir en une phrase : au Moyen âge l’Inquisition a brulé un million de sorcières.

Les contrevérités contenues dans cette assertion sont quatre :

– la chasse aux sorcières n’a pas eu lieu au Moyen âge mais pendant la période qui suit et qu’on dit « moderne ».

– L’Inquisition, tribunal ecclésiastique, n’a rien à voir avec les procès en sorcellerie qui furent le fait de juridictions locales entièrement laïques. On en a d’ailleurs une illustration évidente dans le fait que les pays protestants, non soumis à l’autorité de l’Église donc exempts de tribunaux ecclésiastiques, ont également brulé des sorcières à la même époque.

– Un million est un chiffre fantasmatique. Pourquoi pas dix ou cent ? Quelques dizaines de milliers, à l’échelle d’un continent et sur une durée d’un siècle, c’est déjà un nombre effroyable qu’il n’est pas utile de gonfler, sauf à vouloir tromper le monde.

– Parler uniquement de sorcières sans évoquer les sorciers n’est pas neutre. Bien sûr une majorité de femmes furent victimes des procès en sorcellerie. Mais des hommes le furent également, et le dire bat en brèche une théorie mensongère consistant à valider une vision anticatholique de l’Histoire telle qu’elle fut réinventée par la Britannique Margaret Murray ou le délirant Jules Michelet.

Margaret Murray 1863-1963

Margaret Murray
1863-1963

Jules Michelet 1798-1874

Jules Michelet
1798-1874

 

 

 

 

 

 

C’est le Britannique Norman Cohnqui  a rétabli la vérité dans un livre, assez difficilement trouvable, intitulé « Démonolâtrie et sorcellerie au Moyen âge » publié chez Payot en 1982.

Démonolâtrie

Norman Cohn

Norman Cohn

 

 

 

 

 

 

 

Pour raconter ce que j’ai découvert sur le sujet j’ai fait plusieurs vidéos.

https://www.youtube.com/watch?v=hdrbru_yd9M

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Infos de l'auteur

Marion Sigaut est bourguignonne. Née en 1950, elle a commencé à publier en 1989. Au début ses livres sont des récits autobiographiques (Le Petit Coco, Les Deux Cœurs du monde, du kibboutz à l’Intifada, Russes errants sans terre promise) qui racontent notamment sa rencontre avec Israéliens et Palestiniens. Puis, sa connaissance de la réalité israélo-palestinienne l’amène à publier quelques livres de commande auprès des éditions de l’Atelier. D’abord Libres femmes de Palestine et Mansour Kardosh, un juste à Nazareth, puis La Terre promise aux Sud-Africains. En 2001 elle reprend ses études d’Histoire, et commence à publier sur le sujet.

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