Le village et la communauté rurale d’ancien régime

     Intervention donnée à l’Université d’été de Civitas, le 16 août 2019

Introduction :

Au milieu du XVIIe siècle, en 1687 exactement, le moraliste Jean de la Bruyère, connu pour ses « caractères », écrivait des paysans français : « L’on voit certains animaux farouches, des mâles et des femelles, répandus par les campagnes, noirs, livides, et tout brûlés du soleil, attachés à la terre qu’ils fouillent et qu’ils remuent avec une opiniâtreté invincible : ils ont comme une voix articulée, et quand ils se lèvent sur leurs pieds, ils montrent une face humaine, et en effet ils sont des hommes.

Ils se retirent la nuit dans des tanières où ils vivent de pain noir, d’eau et de racines : ils épargnent aux autres hommes la peine de semer, de labourer et de recueillir pour vivre, et méritent ainsi, de ne pas manquer de ce pain qu’ils ont semé. »

Voltaire en 1769, désireux de dénoncer l’oppression subie par les paysans de la part des évêques qui régissaient le carême, écrit : « Est-il quelqu’un qui ignore que nous ne mangeons jamais de viande ? … Peu d’entre nous ont la consolation d’un bouillon gras dans leurs maladies »

Jolies descriptions qui donneront des idées aux hommes des Lumières au siècle suivant : le paysan est un abruti arriéré penché sur la glèbe ; il boit de l’eau, se nourrit mal de pain noir et de racines ; pourtant il mériterait de pouvoir manger de ce pain qu’il a semé et qui nourrit les autres hommes.

Difficile en effet de ne pas souhaiter à un tel arriéré de bénéficier du progrès. On va s’occuper de lui.

Ce progrès aura nom Lumières, et sera conquis grâce à la Révolution.

  1. Au commencement était la communauté

En 1590 un jurisconsulte, Guy Coquille, écrit : « avant que les proprietez des choses fussent distinctes, tout estoit public et commun. .. Les premiers Autheurs des loix qui ont réglé les peuples pour les faire vivre en paix… ont réservé au public pour demeurer en sa première nature ce qui estoit nécessaire pour tous ensemble…. Suivant ce, se peut dire que le seigneur d’un pré en prairie n’est pas seigneur de la pleine propriété, mais seulement pour s’en servir selon ce que la Coutume luy en a donné puissance et permission.

C’est ce qu’on appelle la tradition : elle fut communautaire.

Tous les villages possédaient des communaux qui leur appartenaient collectivement, comme des bois, des prés, des champs.

Le village était attaché aux biens communaux dont « L’usage en appartient à tous et la propriété à personne, parce que ces sortes de biens sont appelés choses de l’université dont l’aliénation est prohibée ».

Aucun propriétaire, fût-il le seigneur, ne pouvait interdire que les paysans y envoient leurs bêtes : les champs étaient ouverts à tous.

Cette propriété collective apportait la nourriture pour les bêtes (qui apporteront l’engrais pour la culture), le bois de chauffage ou d’œuvre, les liens pour la moisson, l’osier pour la vannerie, le chaume pour les toits, les herbes pour la litière…

Celui qui n’avait rien y était chez lui et n’y mourait pas de faim.

La vaine pâture était pratiquée partout. Elle était ce droit est correctif à la propriété privée qui avait grandi partout : une fois le blé ou le foin engrangés, la terre redevenait vaine, c’est-à-dire vide.

Le plus pauvre des paysans, celui qui ne possédait pas de terre, pouvait y envoyer ses bêtes et s’en nourrir.

Grâce à la communauté, le pauvre vivait sans manquer de rien.

La propriété était donc très sévèrement limitée par les droits de la communauté.

Par le droit général de la France, écrit Coquille, les héritages ne sont en défense et en garde que quand les fruits sont dessus ; et dès qu’ils sont enlevés, la terre, par une espèce de droit des gens, devient commune à tous les hommes, riches ou pauvres également.

Le seigneur était soumis aux mêmes règles et servitudes que les autres. Les pâturages appartenaient à tous et le seigneur n’y avait aucun droit particulier : il pouvait y faire paître ses propres bêtes, ni plus ni moins

Le seigneur qui fait battre les étangs la nuit par ses manants pour faire taire les grenouilles qui troublent son sommeil est une plaisanterie grossière (mais rapportée la nuit du 4 août 1789 par un député breton).

Comme chef de la communauté il s’en faisait respecter s’il la respectait.

Les droits communautaires étaient multiples et les paysans y tenaient comme à la prunelle de leurs yeux, car ils avaient clairement conscience que la terre était à eux.

Toute l’influence des Lumières consistera à saper cette tradition et à la remplacer par l’individualisme, qui portera le joli nom de « liberté ».

Ce sera la liberté de clore ses champs, donc de les soustraire aux usages communs comme la vaine pâture ; la liberté d’aliéner les communaux et enfin et surtout la liberté de vendre ses produits au plus offrant au lieu de les apporter au marché.

Cette liberté plongera la paysannerie dans la pauvreté au milieu de l’abondance.

A la veille de la révolution, le paysan aura perdu 80 % de son pouvoir d’achat en un demi-siècle.

Toutes les calamités qu’il a connues dans l’Histoire avaient pour cause les guerres : là ce fut l’horreur en temps de paix : le paysan n’avait plus de terres disponibles, il n’avait plus d’argent, plus de bétail, il avait froid et il avait faim.

On aura beau jeu de dire que c’est l’ancien système qui en était responsable, alors qu’il s’agissait du nouveau.

  1. La communauté se gère elle-même.

Nous sommes dimanche, à la sortie de la messe à laquelle tout le monde se rend, ainsi fait-on au royaume de France.

Tout le monde est en habit de fête. Femmes et enfants rejoignent les domiciles tandis que les hommes s’assemblent autour de l’arbre, debout ou assis sur des murettes.

Ils vont délibérer, puis voter les décisions qui les concernent.

Les hommes sont là comme chefs de famille. Une veuve devenue chef de famille sera présente : elle délibèrera et votera comme les autres. On peut également être électeur célibataire si on est inscrit sur le rôle de taille : si on paye des impôts, c’est signe qu’on ne fait plus partie du foyer paternel.

Tout le monde doit être là : l’assemblée a été annoncée de maison et de porte en porte, au son du tambour, et le curé l’a annoncée au prône

La réunion doit se faire dans un lieu accessible à tous, en plein air autant qu’il est possible.

Si le temps ne le permet pas, on se réunira dans l’école, dans la halle ou même dans l’église. Certaines ont des porches qui peuvent servir d’abri le cas échéant : l’église paroissiale est une véritable maison commune.

Il faut être au moins dix pour que la délibération soit valide. Au-dessous de dix, on est une réunion de particuliers et on ne peut nommer un procureur.

S’il s’agit de voter un emprunt, il faudra au moins les deux tiers des habitants.

Pour participer aux décisions, il faut être résident du village depuis un an

L’assiduité aux assemblées communale était un devoir et une obligation : on a vu aller chercher les récalcitrants, et certaines communautés ont frappé d’amende ceux qui refusaient de s’y rendre. Prononcée par le juge, l’amende pouvait doubler ou tripler en cas de récidive. Elle pouvait être payée en nature : en vin, en cire… On a vu aussi sanctionner ceux qui partaient avant la fin ou refusaient de signer le procès-verbal : la règle, c’était celle de chaque village qui décidait pour lui-même.

Le syndic, ou le juge annonçait le sujet de la délibération du jour, la décision commune qu’il allait falloir prendre et qu’on avait affichée sur les murs : pour ceux qui ne savaient pas lire, ça avait été annoncé au prône.

Allait-on élire un agent ou un nouveau syndic ? Parler impôt, école, réparations diverses ? C‘est ici qu’on allait délibérer.

S’il s’agissait d’une décision grave, comme d’intenter un procès (la communauté pouvait ester en justice en son nom propre) ou d’aliéner des communaux, on prenait particulièrement l’avis des anciens.  Mais ceux-ci n’avaient pas plus de voix que les autres.

Après délibération on votait à haute voix : l’illettrisme d’une partie des habitants interdisait le vote à bulletin secret. Tout était ouvert et à portée du plus simple.

On pouvait ainsi décider de faire un procès au seigneur qui avait commis un abus, et si on était sûr de son bon droit, on n’hésitait pas. Contre le seigneur, on pouvait  perdre, ou gagner.

Aucune loi n’a défini ce fonctionnement : seul l’usage faisait force de loi, on avait toujours fait comme ça depuis la nuit des temps, et on continuait.

C’était la tradition. C’est avec elle que s’est construite la France rurale. Et c’est quand l’Etat (à l’époque des Lumières, puis à la Révolution) interviendra qu’on donnera une voix aux seuls contribuables, laissant de côté les plus pauvres : Turgot, dans son grand projet de réforme, avait voulu qu’on ne donne une voix qu’aux propriétaires.

  1. La vie communautaire
    1. Le syndic

La première chose que faisait l’assemblée, c’était d’élire un syndic.

Le syndic était le représentant de la communauté vis-à-vis des autorités, comme l’intendant ou le seigneur.  Il n’avait aucun pouvoir, aucun prestige, aucune prérogative : son mandat dépendait de la volonté des habitants, il pouvait être limité ou révoqué par eux.

Il s’agissait d’une charge sans compensation : le syndic était juste défrayé pour ses déplacements en ville, on comprend que personne ne se battait pas pour devenir syndic.

Il était élu à haute voix à la majorité des suffrages, mais pour son élection comme pour le reste, il n’y avait pas de règle autre que celle de la tradition : chaque village faisait comme avaient fait ses aïeux avant lui.

Dans un village du Bigorre, l’élection du syndic avait fini par se faire de la manière suivante : tous les habitants se réunissaient dans l’église et on leur distribuait à l’aveugle des  grains de millet blanc parmi lesquels se trouvaient quatre grains noirs. Ceux qui avaient reçu les grains noirs devaient nommer les magistrats municipaux.

Sollicitée de donner son avis, l’autorité royale valida le processus : c’est ce qu’on appelle un tirage au sort…

Le syndic était le mandataire des habitants : il présidait l’assemblée, dépensait les deniers de la communauté, soutenait les procès du village, rendait compte de sa gestion aux habitants et au subdélégué.

Le subdélégué était l’agent de l’intendant, lui-même représentant du roi dans la province.

Le syndic était l’un des gardiens des papiers et des archives, conservés dans l’église et renfermés dans un coffre de chêne, dont il avait une des clefs. Il informait l’intendant des problèmes du village comme les épizooties, l’état des chemins, ou des invasions de chenilles.

Il veillait au tirage au sort de la milice, à l’organisation de la corvée royale, ou du logement des gens de guerre de passage.

  • Les communaux

Il n’y avait pas de communautés sans communaux, qui sont les biens appartenant au village depuis toujours. Ils étaient gérés en pleine propriété collective, et étaient défendus en justice contre d’éventuels abus du seigneur.

Ils étaient sources de revenus : les habitants se répartissaient le produit des coupes de bois ou de la location de prairies.

Ils furent l’objet de la convoitise des seigneurs qui tentèrent sans relâche de se les approprier.

Les malheurs de la guerre (guerres de religion, Fronde, puis guerres extérieures) poussèrent les paysans à s’endetter et à aliéner leurs communaux pour se renflouer : ce sera la cause du renversement de l’ancien équilibre communal.

Pour rétablir  cet équilibre, en 1667 Louis XIV prit des mesures autoritaires pour que les communautés puissent rentrer dans la propriété de leurs biens aliénés. Puis il interdit aux villages de faire aucun procès ou de rien vendre sans l’autorisation expresse de l’intendant.

Ce sera le début de la surveillance des communautés par l’autorité supérieure, surveillance qui tournera mal quand l’esprit des Lumières contaminera les intendants…

En effet les hommes des Lumières n’ont pas cessé de pousser les autorités à privatiser les communaux qui étaient la garantie de survie des plus pauvres.

Le mouvement était européen, au nom de la libre-entreprise. On appelait ça la Raison, quand ce n’était en fait que la promotion du  profit individuel au détriment de l’esprit de bien commun.

  • Une communauté catholique

Le village était une communauté catholique. La communauté c’était  la paroisse et la paroisse était la communauté, même si les deux entités avaient leurs budgets et leurs gestions propres. Mais elles avaient les mêmes habitants et le même contour.

S’il fallait dix habitants pour faire une communauté, il fallait dix maisons pour faire une paroisse.

L’église en était le centre. Fortifiée, elle avait servi de refuge avant la construction des châteaux forts. Son clocher montrait l’église au loin et portait la cloche qui marquait les heures de la journée, du travail de la prière, de l’alarme ou de la délibération.

On grimpait au clocher pour guetter l’approche de l’ennemi éventuel, on y sonnait le tocsin,

La cloche avait une telle personnalité qu’on la baptisait en lui donnant des noms de saints.

L’église appartenait tellement aux habitants qu’ils y tenaient leurs assemblées communales ou y faisaient la classe s’ils n’avaient pas de maison d’école.

Le prône n’était pas qu’une instruction religieuse, c’était aussi une occasion d’information administrative ou même judiciaire. En l’absence de journaux, c’est au prône qu’on prenait connaissance de l’actualité. Une naissance, un mariage ou la mort d’un prince s’apprenaient là.

Le roi pouvait aussi l’utiliser pour faire passer ses messages. Par exemple, pour convaincre les filles enceintes de déclarer leur grossesse, Louis XIV prescrivit en 1708 de lire au prône, tous les trois mois, un édit d’Henri II de 1556 qui, dans le but de prévenir les infanticides, exposait en termes très précis les actes et les excuses de leurs auteurs.

Cet édit sera publié jusqu’en 1789.

Il fut un temps où le pouvoir protégeait les enfants à naître…

Le prône fut également utilisé, lors de la Guerre des farines, pour faire connaître aux paroissiens les vérités physiocratiques que Turgot voulait imposer et qui soulevaient la population contre elles.

Le ministre avait voulu également se servir de l’Eglise pour réussir à réduire les fêtes chômées dont le nombre dérangeait les employeurs… Il écrit à l’archevêque de Paris, Monseigneur de Beaumont, pour lui enjoindre de supprimer le lundi de Pentecôte.

Voici ce que répondit l’archevêque : « Je ne sache pas, monsieur, que le peuple se soit jamais plaint lui-même des fêtes qu’il célèbre depuis tant de siècles, et que vous le plaignez de célébrer. Ces fêtes existaient quand Colbert portait nos manufactures au plus haut degré de prospérité, et rendait jaloux de l’industrie française les peuples voisins, sans en excepter ceux qui avoient secoué le joug des fêtes en même temps que celui de l’Église.

… Vous êtes ennemis de toute espèce d’oppression : mais c’est dans ces jours de fêles que le pauvre, affranchi de la dure servitude du travail, vient dans nos temples se placer à côté du riche, devant le trône du Père commun des hommes, et se consoler du présent par les promesses de l’avenir. »

Là était l’enjeu de la vraie laïcité : il s’agissait d’empêcher que l’autorité laïque se serve de l’autorité religieuse pour faire passer ses intérêts. Là était le fond de ce qu’avait été les querelles ecclésiastiques : les jansénistes entendaient soumettre l’Eglise à l’Etat.

Ce sera fait dès le début de la Révolution lors de la promulgation de  constitution civile du clergé, véritable victoire posthume du jansénisme.

Qui n’a entendu parler du peuple obligé d’aller à la messe par un curé tout puissant qui le terrorisait ?

Le curé, autorité morale et chargé de la tenue des registres, assistait aux assemblées des communautés, il était présent partout. Preuve de son omnipotence ?

En fait, il vivait sous la surveillance de ses paroissiens.

S’il se comportait mal, par exemple en exigeant de l’argent pour les sacrements, en faisant des problèmes pour inhumer des personnes qui n’avaient pas fondé de messe par testament, s’il se faisait prier pour faire son travail, on le signalait aux autorités supérieures.

Un bon curé était un curé tranquille, un mauvais allait pâtir…

Des plaintes contre les mauvais curés tombèrent pendant tout le XVIIe siècle, au XVIIIe ils inspirèrent enfin le respect.

Ils vivaient de la portion congrue, sorte de SMIC des curés fixé par le roi, car la plus grande partie du montant de la dîme allait aux gros décimateurs, plus haut placés dans la hiérarchie et ne résidant pas au village.

Si la portion congrue était suffisante, la communauté suppléait sans hésiter : il n’était pas question de vivre sans prêtre.

Le montant de la dîme avait été établi par Charlemagne. Elle touchait en principe de 1/10 de la récolte, en fait elle allait à 1/13 ou même à  1/40. Elle touchait tous produits y compris les poules, les moutons et les cochons.

Une ordonnance de 1695 définit le logement que la communauté avait obligation de fournir à son curé : deux chambres à cheminée, l’une pour manger, l’autre pour coucher, un cabinet et une cuisine, en y ajoutant un grenier sur la totalité du bâtiment, un puits si le local le rendait indispensable, une fosse d’aisan­ces, une très-petite cave et un bas cellier.

Le zèle religieux des habitants était partout, et parfois même plus grand que celui des prêtres. On a vu des remontrances faites au curé pour défaut d’instruction des enfants et mauvais usage des sacrements à leur égard : les parents veillaient au grain et avaient le curé à l’œil.

A Langres en 1775, contrairement à l’archevêque de Paris, l’évêque avait  accepté de supprimer le lundi de Pentecôte. Sa soumission au ministère provoqua un soulèvement des habitants qui montèrent au clocher pour rameuter le village, s’attroupèrent autour du presbytère et firent du raffut pour forcer le curé à sortir. Puis, endimanchés comme pour le jour de fête qu’ils entendaient célébrer, syndic en tête, ils allèrent tous ensemble entendre leur messe.

En 1579 un curé, parti en tête de ses paroissiens pour une procession, prétendit interrompre celle-ci pour une raison que je n’ai pas cherchée. Furieux, les habitants se saisirent de lui et le jetèrent dans l’Yonne. Puis ils allèrent chercher le vicaire pour qu’il termine la chose.

Evidemment le curé déposa une plainte, mais quand le magistrat instructeur vint interroger les habitants, il ne trouva pas un seul témoin pour corroborer  la version du curé : personne n’avait rien vu…

D’un autre côté, si un curé était sanctionné par sa hiérarchie pour une cause que la population contestait, cette dernière écrivait à l’évêque pour le défendre.

Le clergé visitait les paroisses pour en recevoir les doléances qui étaient rédigées et signées sur le champ : c’était un droit de remontrance dont la population usait sans complexe. Quand ça n’allait pas, on le disait.

Les bons curés étaient choyés de la population qui allait les défendre, armes à la main, quand la révolution entendit les mettre au pas : la communauté villageoise était catholique, corps et âme, et entendait bien le rester.

  • Le seigneur

Il y avait en gros deux types de seigneurs : le premier, héritier de la seigneurie de ses aïeux, en avait les habitudes. Le second, devenu seigneur par l’achat d’un fief destiné à lui rapporter des revenus, n’y résidait pas et ne s’y intégra pas.

Le seigneur à l’ancienne mode était familier du village : secourable quand il le fallait, il connaissait tous les habitants. Il était le témoin de leurs mariages et le parrain de leurs enfants, sa femme en était la marraine.

Parfois leurs enfants avaient comme parrain ou marraine des gens du village.

Le seigneur et sa famille participaient aux fêtes et dansaient avec les paysans. Souvent leur fils et celui du paysan avaient appris à lire dans la même école de paroisse.

Dans bien des régions le lien s’est distendu par l’absence du seigneur. Là où il résidait encore ces liens subsisteront à la Révolution comme en Vendée et Bretagne : ce sont les paysans qui allèrent chercher les seigneurs pour qu’ils remplissent leur rôle et non ces derniers qui ont convaincu « leurs gens » d’aller faire la guerre à la République.

C’est l’inverse de ce que raconte la doxa.

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Si le seigneur était odieux, seule l’autorité supérieure (le roi et ses représentants) y pouvait quelque chose : c’est ce que ferait la centralisation monarchique. Les Grands jours d’Auvergne ont servi à ça : en 1665 le roi prit le parti du peuple contre les abus seigneuriaux multipliés par le chaos de la Fronde en envoyant un tribunal spécial purger toutes les causes en instance.

Sans intervention de l’autorité supérieure, le mauvais seigneur était une plaie.

Dans les faits, le seigneur ne pouvait parfois pas grand-chose quand les paysans faisaient de la résistance. Quand les nouveaux seigneurs demandèrent à percevoir d’anciennes redevances, les paysans exigèrent qu’ils justifient leurs prétentions, ce qui n’était pas forcément simple. Et si la communauté était sûre de son bon droit, elle n’hésitait pas à intenter un procès.

En 1680 Mme de Sévigné se plaignit avec résignation d’être obligée de renoncer à certaines  redevances que ses paysans refusaient de lui payer.

La situation se détériora pour les paysans, au fur et à mesure que les seigneurs ne furent plus gens d’épée mais de robe, c’est-à-dire magistrats ou notaires, rompus aux subtilités judiciaires.

Le seigneur avait son banc à l’église et certains prétendirent à une bénédiction spéciale directement au goupillon, et non pas par aspersion comme les autres paroissiens. Un jour un curé, exaspéré par cette prétention grotesque, attacha une queue de cheval à son goupillon et noya la perruque toute neuve du seigneur. Un autre, ailleurs, fit la même chose à la dame du seigneur qui dut quitter l’office pour rentrer se changer…

Sûrement il y eut des sanctions, mais sûrement également un rire général des paroissiens qui fit passer au nobliau l’envie de se pousser indument du col.

Un jour un curé refusa d’encenser un seigneur qui entendait être encensé à part des autres paroissiens. La procédure judiciaire que le seigneur intenta contre lui dura 26 ans. Cinq arrêts successifs ne convainquirent pas le curé de plier : il n’obtempéra finalement qu’au sixième!

  • Les impôts

La charge des impôts royaux fut lourde et certainement source d’une oppression très douloureuse pour la paysannerie française.

Dans une grande partie du territoire, leur perception relevait de ce qu’on appelait une élection, subdivision administrative qui correspondait à la généralité, ou territoire de l’intendant. L’agent d’une élection s’appelait un élu.

Le sujet des impôts est extrêmement complexe compte tenu de l’évolution de la seigneurie qui, toujours, tenta d’y échapper.

Si le village se gérait lui-même et décidait de la somme, de la répartition et de l’usage de ses charges communales, en revanche l’impôt royal, lui, était déterminé et utilisé sans son consentement, et il ne cessera d’augmenter jusqu’à devenir insupportable.

Les élus dressaient en mai le montant de l’imposition du village, ils envoyaient les rôles en juillet et l’année fiscale commençait le 1er octobre. Les recouvrements commençaient dès le début du battage.

C’est la communauté qui se chargeait d’en répartir le montant par foyer.

La taille était l’impôt le plus lourd, celui qui prenait le plus clair des profits : s’en faire exempter était un sport national.

L’assiette en était déterminée par des asséeurs pris à tour de rôle parmi les habitants, et  nommés devant le juge seigneurial : ils furent toujours désignés par la communauté, convoquée et réunie au son de la cloche à la sortie de la messe.

L’asséeur faisait vérifier le rôle établi par un agent de l’intendant, et le publiait à la porte de l’église : tout le monde en connaissait donc le détail.

Toutes les mutations survenues depuis l’année précédente avaient été déclarées publiquement et les réclamations avaient été entendues.

On avait discuté de la réduction des cotes pour services rendus par certains habitants, comme le maître d’école, le tambour, le serrurier chargé de l’horloge ou autre. Mais ces réductions devaient être validées par l’intendant.

La répartition de l’impôt tiendrait compte du résultat d’enquêtes sur le nombre de feux, la gelée, la grêle ou l’incendie survenus dans l’année. Le sport local consistait à cacher son aisance pour ne pas trop payer : de là l’image bien connue du « pauvre paysan » qui se plaint tout le temps.

L’assiette frappait les résidents et non les propriétaires, et les nouveaux seigneurs arrivés à la terre pour investir leur argent, bourgeois anoblis ou non, résidaient en ville. De ce fait ils ne payaient pas au village qui se répartissait le somme en l’absence du plus riche. Dans certaines communautés il n‘y avait plus que des manouvriers, les plus gros taillables étaient partis se faire imposer en ville.

Une fois déterminée l’assiette, il fallait procéder à la collecte,  charge pénible sinon impossible à remplir car il fallait faire payer ses voisins, et le collecteur était responsable de la collecte sur ses biens : personne ne voulait se charger de ça, et celui qui avait été choisi pour le faire était bien obligé de procéder.

Le  divorce entre l’impôt et les ressources effectives se creusa. Injuste ou pas injuste il fallait payer, mais au village tout le monde savait qui payait quoi.

En cas de non-paiement, il était interdit de saisir l’outil du paysan : on ne touchait ni à ses bœufs, ni à son lit, ses vêtements, ses portes et ses fenêtres.

L’impôt fut toujours injuste, aucune tentative de réforme n’aboutit jamais et toujours ce furent les plus petits qui payèrent le plus. Mais toujours la communauté des habitants participa activement à sa répartition qui n’aurait pu se faire en son absence : si on pouvait échapper à l’impôt on ne pouvait le cacher.

Il faut cependant noter que même aux pires moments de l’Ancien régime, jamais les Français n’ont payé autant qu’ils en payent aujourd’hui.

  • Le village et le service des armes

Pour aider les communautés à résister à l’horreur que les soudards et gens de guerre de passage leur avaient fait subir, au Moyen-âge le roi les autorisa à s’armer. La règle pourtant voulait que le paysan ne puisse porter les armes, et cette exception fut faite en lui enjoignant de rendre les armes à la fin du conflit.

Une chose est sûre : permis ou pas permis, tous les paysans possédaient au moins un fusil ou une pétoire, qu’on retrouve dans les inventaires après décès.

Si les paysans n’étaient pas censés porter les armes, charge de leurs seigneurs, les longues guerres forcèrent la monarchie à finalement leur imposer d’une manière permanente le service militaire. Louvois, en 1688, établit la milice qui fut l’ancêtre du service militaire.

C’est le village qui recensait lui-même tous les célibataires de la paroisse, dont la taille atteignait au moins cinq pieds de hauteur (1,65m, nos aïeux n’étaient pas bien grands…)

Les habitants, réunis comme de juste en assemblée générale à la sortie de la messe, devaient désigner eux-mêmes ceux qui devraient en faire partie.

Cette désignation répugnait tellement à tout le monde, que finalement le ministère la remplaça, trois ans plus tard par le tirage au sort dans un chapeau.

Le service des armes était tellement odieux à la population qu’on  a vu des jeunes gens se marier à la hâte pour y échapper, ou s’enfuir du village déguisé en prêtre. On a vu des émeutes, des cris et des pleurs de jeunes gens menés de force au tirage.

Or il s’agissait d’un service de réserve, et en période de paix on pouvait le passer à la maison avec seulement des réunions et revues périodiques de courte durée.

Pendant leur service, les miliciens devaient demander la permission s’ils voulaient quitter le village ou se marier, ce qu’ils pouvaient faire en se faisant remplacer.

Bientôt l’autorité royale demanda au village d’équiper lui-même le milicien, ce qui augmenta d’autant les charges de la communauté.

Le tirage de la milice fut si impopulaire que de nombreux cahiers en exigeront la suppression en 1789.

Quelques précisions sur le sort des miliciens : ils étaient exemptés de la taille, et au moment du tirage, la communauté leur versait une somme d’argent pour les consoler.

Or, la milice n’a recruté en tout que 10 000 hommes dans toute la France au milieu du XVIIIe  siècle.

La Convention fera moins de manières pour en lever 300 000, et la IIIe République pour venir chercher TOUS les jeunes gens de France en pleine moisson en août 1914, soit 3 780 000 hommes.

  • L’école

Les sacrifices que les communautés s’imposèrent pour l’instruction de leurs enfants sont considérables.

C’est la commune qui construisait, achetait ou louait la maison d’école et qui subvenait à la rétribution des maîtres.

Il y avait des écoles partout dans les villages depuis le moyen-âge, et un ambassadeur vénitien du XVIe siècle en voyage au royaume de France déclara (vrai ou faux ?) qu’il n’y avait personne en France qui ne sût lire et écrire.

C’est Louis XIV qui rendit  l’école primaire obligatoire dans tout le royaume jusqu’à 14 ans, et il fixa le salaire minimum du maître dont il fit une dépense obligatoire pour les communautés. Pour forcer les parents récalcitrants à scolariser leurs enfants, il ordonna que soit publiée tous les 3 mois la liste de ceux qui ne l’étaient pas.

Le zèle des évêques n’était pas moindre que celui du roi, et ils exhortaient les curés de toutes leurs paroisses à prêcher l’école en chaire pour tous, riches et pauvres.

L’école regardait l’Eglise, l’Etat et la communauté qui, tous, concouraient à la nomination des maîtres : l’Eglise les formait, les approuvait et les surveillait ; l’Etat autorisait puis entérinait leur nomination. Mais c’était la communauté qui les choisissait et traitait avec eux.

Jusqu’à la révolution, c’est l’Assemblée générale des habitants qui nomma les maitres d’école. Un curé écrit : « Le dix-neuf pré­sent mois sur l’invitation de l’un des syndics, j’ai annoncé au prône de ma messe paroissiale qu’il y aurait le dimanche suivant, vingt-six aussi du présent mois, une assemblée générale des habitans à l’effet de procéder à l’élection d’un maître d’écoles, et que tous et un chacun des habitans étaient priés de présenter les sujets qu’ils croiraient capables de remplir le rectorat de la paroisse

On avait mis des affiches en ville pour tenter de trouver un maître, ce qui n’était pas si facile. Puis on avait chargé le curé d’examiner les candidats qu’on soumettait également à une commission constituée des habitants les plus instruits et de notables.

L’élection du maître, qu’on appelait alors le recteur d’école, avait lieu à haute voix. S’il y avait des réclamations, on demandait l’arbitrage de l’intendant puis on convoquait une nouvelle assemblée.

Une fois pris tous les avis des personnes compétentes. la nomination du maître était donc de la responsabilité exclusive des habitants, il est impensable qu’aucune autorité ne l’impose, ni le roi ni l’Eglise.

Une fois la nomination décidée, on rédigeait un acte qui avait étalement été débattu et consenti par l’assemblée : c’était le contrat d’embauche du maître, rédigé comme un bail 3-6-9 à la volonté des parties. On fixait le salaire, les avantages (exemption de la taille, jouissance des communaux) et on déterminait ses services.

Outre la classe, on pouvait lui demander de sonner les cloches, de conduire l’horloge, d’assister le prêtre dans l’administration des sacrements, de tenir lieu de greffier lors des réunions. Tout cela faisait l’objet d’un accord entre les parties.

Le traité déterminait la nature de l’ensei­gnement, le nombre des classes, la durée des vacances.

L’école fonctionnait essentiellement en hiver. Le matin, on commençait par la messe. Puis on apprenait la lecture, l’écriture et l’arithmétique, et bien sûr le latin. On faisait des copies de textes sur une page blanche.

La demande des parents était très forte que les enfants apprissent à lire les vieux manuscrits, et l’enseignement du déchiffrage de vieux textes pouvait être un argument pour sélectionner un maître plutôt qu’un autre : la communauté voulait pouvoir lire les anciennes chartes des communautés où se trouvaient inscrits leurs droits et prérogatives.

Le paiement des gages du recteur d’école était assuré par les parents qui payaient en fonction de leurs moyens, et c’est l’assemblée générale qui décidait du complément : à part l’obligation du salaire minimum imposé par le roi, aucune injonction ne venait de plus haut.

Dans certains pays on pouvait payer en nature, et si c’était insuffisant, la communauté pouvait attribuer au maître le revenu de certains biens ou droits communaux.

En dehors de la période scolaire, le maître se rendait utile à d’autres occupations à sa portée.

Tous les instituteurs d’un doyenné étaient rassemblés une ou deux fois l’an pour mise à niveau et le rappel de leurs devoirs. Ils étaient interrogés par les évêques ou archidiacres qui faisaient, par ailleurs, des tournées d’inspection au cours desquelles ils interrogeaient aussi les enfants.

S’il y avait des plaintes, les recteurs d’école pouvaient être révoqués, et s’ils refusaient de déguerpir, les habitants s’adressaient à l’autorité pour obtenir satisfaction.

Les maisons d’école pouvaient être données par les seigneurs, les curés ou quelque personne généreuse. Certaines étaient fournies par les fabriques (assemblées gérant les biens de l’église). Mais la majorité d’entre elles était cependant l’affaire de la communauté et de ses seules ressources. L’intendant n’intervenait que pour les devis, les adjudications et approbation de travaux par exemple : les habitants s’imposaient de lourds sacrifices pour les édifier avec peu de moyens.

L’école fut l’affaire de la communauté d’habitants, qu’ils soient parents ou non. Elle dérangea les Lumières qui n’eurent de cesse de demander qu’on les limite, qu’on les supprime ou qu’on en fasse des instruments de propagande au service des idées nouvelles.

  1. La fin des communautés, ou le progrès

Comment croire à une paysannerie mal nourrie et penchée sur la glèbe, soumise à son curé et terrorisée par son seigneur ?

Les sources de nourriture des paysans étaient infinies : ils avaient le pain, certes, qui était à la base de tout repas. Mais ils avaient aussi la châtaigne et toutes les variétés de pois, de fèves, de haricots. Personne n’était trop pauvre pour n’avoir pas quelques porcs qui retournaient la terre pour manger les racines, ou qu’on envoyait dans les bois qu’ils nettoyaient de toutes les jeunes pousses et des glands : le saloir du paysan était plein de viande de porc, son sellier de jambon fumé.

Sa soupe, au pain évidemment, connaissait le lait, le beurre, la crème, le fromage, le lard et les légumes divers comme  le chou, l’oignon, la ciboule, l’ail, la laitue, la bette, le cresson, l’endive, le persil, la rue…

Le paysan mangeait-il des racines ? Oui, des carottes, des navets avant l’arrivée de la patate.

N’avait-il pas des arbres pour lui donner des pommes, des noix et des noisettes dont il tirait de l’huile.

Qui n’avait ses poules dont on consommait la viande une fois l’an et les œufs tous les jours ?

On buvait du vin, du cidre, on brassait sa bière…

D’où croit-on que vient la gastronomie française ?

Faire croire que le paysan ne mangeait pas de viande est une plaisanterie, d’ailleurs comment, dans le même temps, reprocher au clergé de la lui interdire pendant le carême ?

La profession de boucher était florissante, il y en avait plusieurs par village.

Pendant le carême et tous les vendredis on s’abstenait de viande : c’était le jour du poisson, qu’on allait pêcher dans les étangs et pièces d’eau disponibles. Disponibles jusqu’à ce que la modernité les appelle « marais malsains » et décide de les assécher pour les transformer en terre à blé. Un blé qu’on irait vendre au loin pour s’enrichir, au lieu de le vendre au marché le plus proche pour nourrir la population.

La condition pour que le paysan mange bien était qu’il ait de quoi nourrir ses bêtes et qu’il ait accès aux poissons et oiseaux des étangs. La modernité, en faisant reculer la communauté, en clôturant les champs et en faisant la guerre à la vaine pâture, fit reculer l’abondance qui était la sienne au temps de la communauté solidaire.

Le recul de la communauté provoqua l’appauvrissement des pauvres et le recul de leur aisance alimentaire.

Ce sera la tendance de toute la période qu’on appelle les Lumières et qui mena à la Révolution : quand celle-ci explosa, trente ans d’idées nouvelles avaient introduit la faim au milieu de l’abondance.

L’Etat fut en même temps l’oppresseur des communautés par la charge fiscale très lourde qu’il lui imposa, et son défenseur avec la surveillance paternaliste des intendants qui interdirent les procès mal engagés où la communauté allait perdre à coup sûr.

Mais en prenant sous son aile les communautés, le roi avait préparé leur mort.

Le 25 juin 1787, poussé par le besoin de réformes nécessaires à la levée de nouveaux impôts, le roi instaura les municipalités que lui avaient suggérées Turgot douze ans plus tôt.

Ces municipalités allaient remplacer le régime démocratique des assemblées générales.

  • Le seigneur et le curé en feraient partie de droit.
  • Trois, six ou neuf membres, selon le nombre des feux, allaient les composer.
  • Ils seraient élus par une nouvelle assemblée, réduite aux seuls habitants qui payaient au moins dix livres d’imposition foncière et personnelle.

A la veille de la Révolution, les communautés villageoises qui avaient conduit la vie des paysans depuis des siècles furent abolies et remplacées par des municipalités aux mains des possédants.

La protection des plus humbles allait désormais être entre les mains des seuls curés présents à ces assemblées. Le déchaînement anti-chrétien de la Révolution allait se charger de les éliminer.

Pour mener à bien sa révolution capitaliste, la classe montante a dû se débarrasser du roi, de l’Eglise et de la communauté villageoise qui avait forgé, bâti et cultivé la France.

Marion Sigaut

Août 2019

Sources utilisées pour cet article :

Pierre de Saint-Jacob :

Les paysans de la Bourgogne du nord au dernier siècle de l’Ancien régime, 1960.

Albert Babeau :

Le Village sous l’ancien régime, 1878 ;

La Vie rurale dans l’ancienne France, 1883.

Marc Bloch,

La lutte pour l’individualisme agraire dans la France du XVIIIe siècle, 1930.

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About Author

Marion Sigaut est bourguignonne. Née en 1950, elle a commencé à publier en 1989. Au début ses livres sont des récits autobiographiques (Le Petit Coco, Les Deux Cœurs du monde, du kibboutz à l’Intifada, Russes errants sans terre promise) qui racontent notamment sa rencontre avec Israéliens et Palestiniens. Puis, sa connaissance de la réalité israélo-palestinienne l’amène à publier quelques livres de commande auprès des éditions de l’Atelier. D’abord Libres femmes de Palestine et Mansour Kardosh, un juste à Nazareth, puis La Terre promise aux Sud-Africains. En 2001 elle reprend ses études d’Histoire, et commence à publier sur le sujet.

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