AFFAIRE CALAS LIVRE

Jean Calas

Le 7 octobre 2005 quotidien régional La Dépêche du midi annonçait l’inauguration prochaine d’une plaque à la mémoire de Jean Calas, exécuté à Toulouse le 10 mars 1762. A cette occasion, le quotidien tendit le micro au maire UMP Jean-Luc Moudenc et au président départemental de la Libre-pensée, Michel Eliard, à qui il demanda la signification de ce geste[1].

« Nous l’avons demandée (la plaque, nda) à la mairie car la précédente indiquait que le fils Calas aurait été tué par son père parce qu’il voulait se convertir au catholicisme. C’est la thèse de l’accusation menée par l’église, mais elle est battue en brèche par les historiens. Rien ne prouve que le fils Marc-Antoine voulait se convertir et le plus probable est qu’il se soit suicidé. »

Cela montre que plus de deux siècles après les faits, il semble qu’il y ait encore, à Toulouse, des tensions quant à l‘interprétation qu’il faille donner à ce fait-divers du siècle des Lumières qui fit la gloire de Voltaire.

Pour résumer : Jean Calas, marchand de tissus protestant toulousain, fut accusé en 1761 d’avoir assassiné son fils qui aurait voulu se faire catholique. D’aucuns dirent que son fils s’était suicidé, mais Jean Calas n’en fut pas moins exécuté. Alerté, Voltaire enquêta et, convaincu de l’innocence du père, lança une vaste campagne à l’échelle européenne pour obtenir la réhabilitation du mort qu’il finit par obtenir.

Or nous apprenons qu’à Toulouse, encore de nos jours, il se trouve de mauvais esprits pour mettre en doute la version voltairienne des choses : une plaque commémorative visible sur les lieux même du supplice, rapporte la version officielle du temps : Calas était coupable.

Diantre ! Comment ose-t-on, au XXIe siècle (toujours il convient d’ajouter un millésime à une indignation), parler à l’encontre du Grand Voltaire ? « La nouvelle plaque mentionnera que Jean Calas a été exécuté sur cette place, accusé sans preuves » spécifient les deux militants de la cause.

La cause est celle d’un innocent sacrifié à l’intolérance religieuse et au fanatisme, contre lesquels la laïcité offre le seul rempart valide.

La nouvelle plaque, annoncée quelques mois plus tôt par les libres penseurs de la Haute-Garonne, devait porter la mention suivante :

« Ici, le 10 mars 1762, le marchand protestant Jean CALAS fut supplicié et exécuté, accusé sans preuves d’avoir tué son fils. Victime de l’intolérance religieuse, il fut réhabilité le 9 mars 1765, grâce à l’intervention de Voltaire[2]. »

3e plaque

Voilà de quoi faire de Voltaire un grand homme, et de Jean Calas un grand martyr.

Car la chose est entendue, et les programmes scolaires sont unanimes : Calas était innocent, il fut condamné par une Église catholique toute puissante et odieusement fanatique, son fils s’est suicidé, le dossier était vide et Voltaire réussit, par l’efficace indignation de son humanité bafouée, à le faire réhabiliter.

Et si Calas avait bien tué son fils ? S’il était prouvé que ce dernier n’avait pu se suicider ? Si l’Église du temps n’avait rien eu à y voir – à quel titre aurait-elle “mené l’accusation” ? Celle-ci était l’affaire des juges, pas de l’institution ecclésiastique – et qu’elle fut, dans ce cas comme dans bien d’autres, l’objet de calomnies savamment orchestrées par un Voltaire menteur pathologique ? Et si le « Traité de la tolérance » qui lui fit une gloire planétaire était un tissu de mensonges ?

Pour s’en faire une idée, voici deux pistes :

Voltaire, une imposture au service des puissants, Kontre Kulture 2014. Dans cet ouvrage de 362 pages dont une centaine consacrées à l’affaire Calas, le lecteur pourra découvrir la réalité  des faux utilisés par Voltaire pour diffamer ses contemporains, calomnier l’Eglise et tordre le cou à la vérité. Grâce à 122 notes de bas de pages, il pourra remonter à la source de mes assertions et vérifier mes dires[3].

 

Pour en savoir plus sur l’imposture Voltaire :

>  SE PROCURER LE LIVRE  <

 

 

Une conférence tenue à Mulhouse en mars 2015, qui démonte le premier chapitre du fameux traité.
Bon visionnage et à bientôt pour la suite.

 

 

 

 

 

 

[1] Calas défendu par la Libre Pensée – 07/10/2005 – ladepeche.fr

[2] http://librepensee62.free.fr/spip.php?article79

[3] http://www.kontrekulture.com/produit/voltaire-une-imposture-au-service-des-puissants

 

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Infos de l'auteur

Marion Sigaut est bourguignonne. Née en 1950, elle a commencé à publier en 1989. Au début ses livres sont des récits autobiographiques (Le Petit Coco, Les Deux Cœurs du monde, du kibboutz à l’Intifada, Russes errants sans terre promise) qui racontent notamment sa rencontre avec Israéliens et Palestiniens. Puis, sa connaissance de la réalité israélo-palestinienne l’amène à publier quelques livres de commande auprès des éditions de l’Atelier. D’abord Libres femmes de Palestine et Mansour Kardosh, un juste à Nazareth, puis La Terre promise aux Sud-Africains. En 2001 elle reprend ses études d’Histoire, et commence à publier sur le sujet.

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